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Les marchés au 2e trimestre 2020

Ce fut un trimestre très solide pour les actions et le crédit, car les banques centrales et les gouvernements ont fourni d’énormes mesures de relance et les économies ont commencé à rouvrir. Malgré le fort rebond des actifs à risque, les couvertures de portefeuille traditionnelles telles que les obligations d’État et l’or ont bien résisté. Les bons du Trésor américain ont augmenté d’environ 9% depuis le début de l’année, tandis que l’or a augmenté de près de 18%.

Alors que les économies ont commencé à rouvrir, les données économiques ont montré des signes d’un net rebond. Par exemple, les ventes au détail aux États-Unis ont augmenté de 17% en glissement mensuel en mai, tandis que les ventes au détail au Royaume-Uni ont rebondi de 12%. Alors que les ventes sont toujours en baisse de 6% et 13% sur un an respectivement, la vitesse et l’ampleur du rebond sont clairement positives.

L’autre point positif est que les banques centrales du monde entier ont clairement indiqué qu’elles étaient disposées à utiliser toute leur puissance de feu pour maintenir les coûts d’emprunt des gouvernements et des entreprises à un niveau bas. La Banque d’Angleterre, par exemple, a récemment augmenté son programme d’assouplissement quantitatif de 100 milliards de livres sterling supplémentaires, contribuant ainsi à maintenir les rendements du Gilt à 10 ans au Royaume-Uni à environ 0,2%.

Le pire scénario de la crise de Covid se transformant en crise de liquidité a ainsi été évité, et les banques centrales ne semblent pas d’humeur à renoncer à fournir un soutien de liquidité si nécessaire. Ce soutien de la banque centrale a aidé le rallye américain à haut rendement de près de 10% ce trimestre, tandis que le crédit « investment grade » mondial a rebondi de près de 9%.

Cependant, certains risques subsistent. Premièrement, la Réserve fédérale et les autres banques centrales ont clairement indiqué qu’elles ne peuvent que prêter, et non dépenser, et ne pourront donc pas nécessairement sauver les entreprises confrontées à des problèmes de solvabilité, plutôt qu’à des problèmes de liquidité. Certaines entreprises devront donc encore faire face à l’administration, et nous en avons malheureusement déjà vu quelques exemples ce trimestre.

De plus, le virus n’a pas été entièrement maîtrisé, ni aucun vaccin approuvé. En Europe continentale, en Australie et dans certaines parties de l’Asie, dont la Chine, les nouvelles infections sont tombées à des niveaux bas et les économies rouvrent. Au Royaume-Uni, les nouvelles infections ont également continué de baisser, mais pas à des niveaux aussi bas qu’en Europe. Cependant, aux États-Unis, le nombre de nouvelles infections augmente à nouveau, tandis que plusieurs marchés émergents, dont l’Inde et une grande partie de l’Amérique latine, n’ont pas réussi à maîtriser le virus. Malgré ce risque autour des taux d’infection, les actions américaines ont augmenté d’environ 20% ce trimestre et les actions des marchés émergents ont augmenté de 18%.

Un autre risque se présente sous la forme d’une lassitude budgétaire potentielle de la part des gouvernements, qui pourrait potentiellement annuler leurs mesures de relance budgétaire trop tôt, avant que le virus ne soit totalement maîtrisé et que l’économie et les marchés du travail ne se redressent. L’annonce par le Royaume-Uni que les entreprises devront contribuer aux coûts du régime de congé à partir du mois d’août, le régime devant expirer fin octobre, est un exemple de ce risque. Certains travailleurs actuellement en congé pourraient malheureusement se retrouver au chômage dans les prochains mois. Les actions britanniques ont augmenté de 10% ce trimestre, mais restent en baisse de 17% pour l’année.

Aux États-Unis, les revenus ont jusqu’à présent été soutenus par des mesures de relance et des allocations de chômage exceptionnellement généreuses, qui expirent fin juillet. Si ces avantages ne sont pas prolongés, de nombreux Américains au chômage pourraient connaître une réduction significative de leurs revenus au cours du second semestre.

Les risques politiques demeurent également, à l’approche des élections américaines, les tensions entre la Chine et le reste du monde s’intensifient et le Brexit n’est toujours pas résolu. Sur une note politique positive, l’Union européenne a pris des mesures pour réduire le risque d’une reprise induite par la politique de la crise de la dette souveraine européenne. Le fonds de relance proposé fournirait essentiellement un soutien à certains des pays les plus touchés, comme l’Italie et l’Espagne, de pays comme l’Allemagne et la France. Les actions européennes ont augmenté de 15% ce trimestre.

Le S&P 500 semble intégrer une reprise économique en forme de V, mais il convient de noter que la performance des secteurs raconte une histoire plus différenciée. Par exemple, les détaillants en ligne sont en très forte hausse depuis le début de l’année, tandis que les grands magasins sont en forte baisse, de même que d’autres secteurs qui ont été les plus touchés par le virus, tels que les hôtels, les compagnies aériennes, les sociétés d’énergie et les banques. Alors que la plupart des secteurs les moins performants à ce jour ont également accusé un retard pendant le rallye depuis fin mars, les sociétés énergétiques ont en fait été l’un des secteurs les plus performants, les prix du pétrole s’étant partiellement redressés. Et certains des secteurs les plus performants à ce jour, tels que les détaillants alimentaires et les supermarchés, ont été les plus en retard pendant le rallye.

Il est donc important de regarder au-delà du niveau de l’indice pour les opportunités et les risques, et d’être conscient que de nombreuses entreprises ne démarrent pas le deuxième semestre de cette année où elles étaient au début de l’année, même si certains indices peuvent donner cette impression. Les actions de valeur ont diminué de 17% cette année, tandis que les actions de croissance ont augmenté de 6%.

Dans l’ensemble, le marché s’est redressé grâce à la relance budgétaire et monétaire, combinée à la réouverture des économies. Le soutien monétaire est probablement là pour durer, mais dans certains pays, il existe un risque que la relance budgétaire devienne moins généreuse. Parallèlement, la hausse des taux d’infection pourrait conduire à imposer ou à adopter volontairement des nouvelles mesures de distanciation sociale. Une approche d’investissement flexible et active est donc recommandée, en privilégiant actuellement les entreprises de qualité qui peuvent survivre même si certains risques se matérialisent au second semestre.